juin, 2017

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Bien-être, management et aménagement des espaces de travail

Monster vient de publier (21/06/17), avec l’aide de l’IFOP, sa dernière étude sur le bien-être au travail. Elle nous livre 3 chiffres particulièrement intéressants :

43% des salariés de 18-24 ans pensent que leur responsable hiérarchique intervient de manière inadaptée (Pourcentage identique pour la population globale).

42% des salariés interrogés (33% chez les 18-24 ans) pensent qu’un des éléments principaux contribuant à entretenir une bonne ambiance sur le lieu de travail est d’avoir une hiérarchie ouverte au dialogue et bienveillante.

Seulement 12% des 18-24 ans souhaitent travailler dans des entreprises de plus de 250 salariés.

Notons enfin que l’initiative des employeurs susceptible de donner du sens au travail qui arrive en tête de l’enquête (38%) est une politique de responsabilité sociale et environnementale forte.

Aujourd’hui, quasiment un salarié sur deux pense que le management de son responsable n’est pas adapté. On voit bien ici l’urgence, en particulier pour les grandes entreprises, à repenser le management si elles souhaitent continuer à attirer demain des talents.

La génération des 18-24 ans et celle qui arrivera sur le marché du travail d’ici dix ans ne vont plus chercher à rentrer dans une grande entreprise. Certaines études montrent qu’un salarié sur deux croit déjà aujourd’hui en la fin du CDI et qu’un sur quatre croit en la fin du salariat. S’ils ne sont aujourd’hui que 11% de l’ensemble des actifs français, le nombre de travailleurs indépendants ou mixant activité salariée et activité indépendante ne cesse d’augmenter.

Le monde qui arrive va demander aux salariés d’être de plus en plus autonomes et agiles, d’être capables de s’adapter en permanence. Les salariés, de leur côté, n’accepteront plus le management hiérarchique et autoritaire de responsables nommés souvent à ces postes pour leur expertise ou pour leur permettre d’évoluer dans la structure plus que pour leurs valeurs et les talents nécessaires à ce qui continue à être, à mes yeux, un métier à part entière.

L’entreprise ne peut plus se permettre de nommer ainsi des salariés avec pour seul aide une formation aux outils de management qui, le plus souvent, ne leur donne que des grilles pour ranger leurs équipes dans des cases (Confer pour mémoire le trop fameux : « Comment manager le salarié qui veut et qui ne sait pas et le salarié qui sait et qui ne veut pas » ?).

Dans ce contexte, le courant consistant à réorganiser ses locaux sans bureau attribué ne peut que pousser les actifs à ne plus vouloir travailler en entreprise. Ils ne viendront y chercher demain qu’un lieu de socialisation, d’échanges, de partages et de co-construction, trouvant dans des tiers lieux (locaux de coworking, Starbucks du coin, terrasse de restaurant, parc équipé de wifi, maison, …) une place pour se poser.

Si ce type d’organisation semble convenir aux nouvelles générations (ce qui restera à confirmer d’ici quelques années !), il est certain qu’une large partie des salariés actuels ont du mal à vivre ce changement. Il n’est pas aisé de passer au flex-office après avoir connu 15 années dans un bureau avec son poste de travail et la photo de ses enfants devant soi. Comme me disait récemment une quadragénaire dans une entreprise tertiaire : « Je ne sais pas si j’ai encore ma place dans cette entreprise puisque je n’ai plus de place attribuée. Je me demande même si mon patron sait si je suis là ou non ! ».

Ne minimisons pas le stress occasionné pour certains par ce nouvel aménagement qui parfois oublie qu’une transformation de ce type ne peut pas être que spatiale mais doit prendre en compte la dimension technologique et la part du management.

Une transformation réussie ne doit pas faire l’économie d’un seul pan de ce triptyque (espace, technologie, management) au risque d’augmenter le stress et les risques psychosociaux et de ne pas aboutir à une nouvelle organisation efficiente. La stratégie de diminution des m² ne vaut pas le prix de cette souffrance qui, à moyen ou court terme, coûte à l’entreprise bien plus que les économies immobilières.

F.CHOFFEL

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